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Le Grand Trail du Lac

Une mutation réussie !

Texte et photos : Laurent Llopis et Marjorie Perrot

Pour notre plus grand plaisir, voici donc ce petit nouveau du calendrier trail automnal qui s’annonce en ce dimanche 19 octobre ! Enfin, nouveau, pas tout à fait, puisque le Grand Trail du Lac est le résultat d’une mutation de la célèbre Grande Course du Lac, qui alliait depuis des années course sur route et trail en une folle ronde autour du superbe Lac du Bourget.

Un grand changement pour lequel à opté Florent Hubert, organisateur de l’épreuve depuis 2011, orientant donc désormais presque entièrement l’épreuve vers les sentiers.

Mais si l’asphalte diminue drastiquement, le dénivelé lui, en revanche, s’envole, évoluant de 1500 à 3500m+ et le kilométrage passe de 55km à 77km ! Des changements de taille qui risquent de refroidir les défenseurs les plus fervents du bitume mais raviront les adeptes des sentiers. Et pour les indécis, qui s’accordaient bien de la polyvalence de l’épreuve, eh bien il ne reste plus qu’à tester la nouvelle formule!

Une distance plus « raisonnable » de 34km et 1870m+ est d’ailleurs proposée, au départ du superbe village de Chanaz, en Chautagne. Quant à la distance reine, elle peut toujours se partager en relais 2 ou 4.

Et au vu du nombre d’inscrits sur le Grand Trail du Lac, autant dire que cette nouvelle proposition semble avoir fait mouche, le nombre limite de 500 participants atteint bien avant l’épreuve!

Seul un petit grincement de dents se fera entendre à l’évocation de l’heure du départ, qui passe de 8h à 5h ! Mais il en faut plus pour entamer l’enthousiasme de la découverte de ce nouveau challenge et du superbe parcours encerclant de la plus belle des manières le plus grand lac de France.

Vers la Chambotte…

5h est enfin là et les concurrents, frontales sur le front, s’élancent au cœur de la nuit en un cortège luminescent, à l’assaut des difficultés qui les attendent de pied ferme.

Au programme, un parcours aux petits oignons, liant la Chambotte au Mont du Chat avec de belles transitions comme le petit port de Châtillon ou encore le superbe village de Chanaz et son canal et de sublimes panoramas qu’il faudra cependant mériter puisque certaines portions ne se laisseront pas vaincre sans un rude combat.

Première étape, la Chambotte, qui les toise bien plus haut. Mais avant cela, la longue route bordant l’aéroport du Bourget va se charger de mettre en jambes tout ce petit monde. Coureurs, savourez cette portion plate de 9km entre sous-bois et en bordure de lac car la suite du menu pourrait bien se révéler plus dure à digérer !

Les réjouissances débutent ici, au km10, avec l’entrée dans la jolie forêt de Corsuet enténébrée qui marque l’envol vers de plus hautes altitudes.

Brison Saint Innocent et son ravito sont ralliés avant d’introduire de nouveau les coureurs en forêt direction le belvédère de la Chambotte via la trouée des Granges de Brison qui ménage une vue sublime sur le Lac illuminé de milliers de lumières scintillantes.

Ce cheminement sur le Mont de Corsuet permet enfin d’accéder au belvédère de la Chambotte et sa vue extraordinaire sur le Bourget que les premiers fouleront au lever du soleil.

Près de 1000m+ sont dès lors abattus mais le massif de la Chambotte n’a pas encore dit son dernier mot et environ 5km et 300m+ à travers les Teppes à Monard, en passant devant les ruines des Tours de César, seront à ingurgiter avant de rallier les bois de Cessens et entamer la raide redescente vers les bords du Lac et le port de Châtillon.

Entre deux…

Le ravito est bienvenu et tous se jettent sur les denrées proposées par des bénévoles aux petits soins. Châtillon situé en bout du lac, ici, certains concurrents se rendent soudain compte de ce qu’ils ont déjà effectué, car 33km plus tôt, ils se souviennent avoir chevauché à l’autre bout de ce même lac, juste après le départ.

Puis il faut repartir prestement car de nombreux obstacles restent à franchir pour pouvoir se prétendre finisher de cette 1ere du Grand Trail du Lac.

Cap vers Portout sur un terrain assez plat qui va permettre de souffler un peu avant d’attaquer la petite bosse qui les mène vers Chanaz, lieu de départ du 34km, pour l’instant au cœur de bois mangés par les brumes.

C’est sous un temps gris que les participants du petit tracé se sont donc élancés à 10h de ce joli village traversé par le Canal de Savières, se mettant au diapason de la distance reine, courant dans sa trace. Les visages sont souriants, les jambes encore fraîches et seul le petit aller/retour pour accéder au ravito de Chanaz occasionnera quelques grognements.

Mais si les paysages tristounets cèdent rapidement la place à un beau soleil, la chaleur qui va en découler va malheureusement compliquer la tâche de beaucoup de coureurs, car c’est ici que la deuxième incursion montagnarde, bien plus exigeante, commence. Bienvenue sur les terres du Chat !

Bosses après bosses, les coureurs reprennent de l’altitude et atteignent 12km plus tard le belvédère d’Ontex et son ravito qui offre un petit répit et une vue superbe sur le lac et la Chambotte en face, traversée un peu plus tôt. Ici les participants commencent à prendre la mesure de l’exploit en passe d’être accompli, embrassant d’un regard les difficultés auxquelles ils ont déjà tordu le cou !

A l’assaut du gros matou !

Mais, bien vite cesse l’extase car « le » gros morceau du tracé, commun aux deux distances se taille alors un chemin à coups de canines voraces dans l’esprit de tous. Vous l’aurez compris, c’est la Dent du Chat qui se dresse désormais au devant des tous, dans l’espoir de croquer la petite souris…

Au terme de près de 7km vallonnés, les trailers arrivent enfin au col du Chat pour une petite virée en enfer, car tout le reste du dénivelé positif va se parcourir ici, et d’un seul coup s’il vous plaît ! 5km et plus de 800m+ de montée sans concessions qui vont mettre au supplice bon nombre de coureurs.

Chacun se ravitaille alors comme il se doit avant d’entamer ce véritable chemin de croix. Au cœur de ces sous-bois, au revêtement traîtres, les participants vont souffrir, autant de la rudesse de l’ascension que la chaleur et des pièges du terrain.

Après une portion câblée vertigineuse, le pied de la Dent du Chat est atteint au terme de bien des efforts. Mais malheureusement rien n’est encore terminé car le point culminant, le Mollard Noir n’est pas encore rallié et il faudra encore fournir un ultime effort pour le rejoindre.

Des sous-bois, les concurrents débouchent enfin à découvert, juste sous le Mollard, où des dizaines de spectateurs sont présents pour acclamer les valeureux.

C’est Yann Nourry qui est le premier solo à en émerger, entouré de relayeurs.

Petit à petit, solos comme relais atteignent ce point, le souffle court, l’organisme au paroxysme de l’effort. Les visages sont crispés, les corps demandent grâce mais continuent à endurer vaillamment. La soif est pour certains très intense et ils trouveront en ce lieu quelques âmes assez secourables pour leur tendre une bouteille d’eau, aux allures de petit miracle, qui les aidera à tenir jusqu’au ravito, non loin de là.

Mais la tâche fut plus qu’ardue, la récompense est à la hauteur, et les concurrents pourront enfin profiter d’une vue plongeante, grandiose, sur la Dent du Chat en contrebas, le Lac et ses environs ainsi que sur le Mont Blanc !

La suite du cheminement jusqu’au relais de l’Aigle se fera en mode vallonné, assez doux, si l’on excepte le revêtement fait de racines, dalles glissantes et feuilles mortes qui se montrera intraitable, réclamant une vigilance de tous les instants.

Ultime étape, se tirer des serres de l’Aigle…

Le relais de l’Aigle est atteint et chacun peuvent souffler un grand coup en admirant le Mont Blanc au loin et en se disant « je l’ai fait ! »,  tous le positif désormais derrière. 

Mais ceux qui se réjouiront trop vite seront peut-être au nombre des victimes de la terrible descente qui s’annonce : 1260m de dévale sur 7km !

Autant dire l’arme fatale pour ceux qui n’en auront pas un peu gardé sous la semelle.

Car avec certaines de ses portions à 10%, les quadri risquent de souffrir le martyre sur cette descente en lacets en sous-bois, menant vers l’assurance d’une victoire méritée.

Ca y est, c’est enfin l’entrée en grandes pompes dans le Bourget du Lac !

Sur les visages se disputent bien des émotions, l’esprit partagé entre souffrance et soulagement, joie et exultation ! Et tandis que la ligne est franchie sous les applaudissements, chacun savoure à sa manière sa victoire, marquant de son nom l’histoire de cette toute jeune course comme finisher du GTDL…

Côté victoire, Yann Nourry a sur maintenir jusqu’au bout sa suprématie pour finir largement en tête, remportant une belle première place en 8h50min32s. Le jeune Hugo Ferrari en termine avec environ 26min d’écart, s’octroyant la seconde marche du podium en 9h16min04s, suivi 3min plus tard par Olivier Muller qui boucle ce trio gagnant.

Chez les dames, c’est Nadège Cavagna qui remporte l’épreuve en 10h14min40s.

Côté 34km, le podium est occupé par Christophe Abry qui termine 1er en 3h47min11s, suivi de Fabien Picot en 3h51min21s et Eric Caruso en 3h54min08s.

Laurie-Anne Serrette remporte l’épreuve chez les dames en 4h35min20s.

 

 

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