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Ékiden de Paris® – 2 novembre

La victoire du collectif !

Texte Florian Gaudin-Winer, crédit photos KMSP / Stéphane Kempinaire

Plus de 4000 coureurs, représentant près de 900 équipes, ont participé à la deuxième édition de l’Ekiden de Paris® organisée sur les bords de Seine.

Chez les hommes, c’est la Légion Etrangère qui s’est imposée en 2h07’31’’, devançant au sprint, et de quatre secondes, l’équipe de France. L’équipe de France féminine, elle, était au-dessus du lot, avec une victoire en 2h28’48’’. La compétition a aussi été marquée par le record de France vétérans hommes de la VGA Compiègne.

Derrière les champions, ce sont des milliers de sportifs qui ont partagé, par équipes de quatre ou six, les 42,195 km de course, dans une ambiance de fête.

 

Dans son mégaphone, un officiel hurle les numéros de dossard de chaque coureur qui arrive aux abords de l’Hôtel de Ville, pour permettre à son partenaire de se placer dans la zone de relais.

L’Ekiden de Paris a débuté depuis déjà cinq kilomètres, mais la densité d’athlètes est encore impressionnante. Les transmissions sont parfois acrobatiques mais chacun réussit à s’élancer avec le précieux bracelet, qu’il faut ramener jusqu’à  la ligne d’arrivée. Déjà loin devant tous les autres, le mano a mano entre la Légion Etrangère et l’équipe de France a débuté. Ce seront finalement les Légionnaires qui l’emporteront d’une courte tête devant les Bleus. Pas de quoi faire perdre le sourire à Timothée Bommier, un des relayeurs tricolores. « On est satisfaits de la performance, même si on est un peu déçus de ne pas avoir gagné, relate le Clermontois. On était encouragé régulièrement tout le long du parcours. C’était très sympa. Il y avait un réel engouement des connaisseurs et néophytes. » Comme tous, le fondeur a été séduit par le format collectif de la course : « Il y a aussi des classements par équipes en cross, mais on ne peut pas s’encourager mutuellement. Là, on est obligé d’aller au bout pour les autres. On s’est facilement pris au jeu. »

Créer des liens
On imagine aisément la surprise des coureurs peu habitués des courses sur route, débordés par des champions à plus de 20 km/h en plein effort. Faire courir ensemble des sportifs de tous niveaux, c’est un des charmes de l’Ekiden de Paris. « C’était super de se mélanger à de vrais athlètes », approuve l’équipe ECE Henri IV, composée d’élèves en première année de prépa commerce au sein de la célèbre école parisienne, plus habitués des terrains de football et de tennis que des pistes d’athlétisme. « Entre nous, on ne se connaît que depuis un mois et demi. Une course comme celle-là, ça crée des liens. » La course en relais accueillait, dans le même esprit, de nombreuses équipes d’entreprise. L’occasion de rapprocher les salariés, avant de retourner au boulot le lendemain pour débriefer la course autour de la machine à café. « On avait trois équipes inscrites, raconte David Aumont, responsable de la communication chez Mitsubishi Motors. Nos collaborateurs étaient vraiment contents de se retrouver ce matin. Ceux qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer ont pu faire plus ample connaissance. Les coureurs les plus expérimentés ont couru 10 km, alors que les moins habitués ont pu s’aligner sur 5 km, une distance plus accessible pour eux. » Les représentants de RMC Sport étaient, eux, particulièrement motivés. « On s’était renseignés sur les autres équipes médias avant la course, sourit François-Xavier de Chateaufort, le spécialiste athlé maison. Ça fait deux mois qu’on en parlait entre collègues et on avait monté une équipe pour la gagne ! »

Les clubs aux avant-postes
Les étudiants, les entreprises, les médias. Et bien sûr les clubs de la Fédération Française d’Athlétisme, présents en nombre aux avant-postes au classement final. La SCO Sainte-Marguerite Marseille, emmenée par James Theuri, a terminé à la troisième place au scratch en 2h10’18’’, juste devant l’équipe mixte d’Italie. Mais c’est du VGA Compiègne qu’est venue la sensation du jour, avec un record de France vétérans. En 2h16’49’’, les Picards ont effacé des tablettes les 2h19’51’’ réalisés en 2009 par l’US Marquette. « On savait que c’était largement faisable, confie Guylain Schmied, un des relayeurs. Les plus costauds ont tiré les autres vers le haut pour qu’ils intègrent l’équipe. Il y a eu une vraie émulation de groupe. » 

Antoinette Nana Djimou ne nourrissait pas les mêmes ambitions. Engagée au sein du collectif Asics-FFA, la championne d’Europe de l’heptathlon craignait, selon ses propres mots, « le pire. Je pensais que je n’allais pas finir !, s’exclame-t-elle. Accompagnée par Yohann Diniz, qui s’est échauffé avec elle avant de réaliser son relais en marchant, elle est finalement allée jusqu’au bout. « Est-ce que j’ai sprinté ? Ça ne risquait pas avec la montée qu’il y avait la fin, se marre la combinarde. Il y avait une belle ambiance, avec de la musique. C’était comme une fête. Ça m’a fait plaisir d’être dans une équipe de champions (la triple championne olympique Marie-José Pérec était aussi sur la route !). C’était une expérience différente de la piste. »

Objectif record d’Europe
Le président de la Fédération Française d’Athlétisme, Bernard Amsalem, ne pouvait qu’apprécier le spectacle. « On a assisté une fabuleuse seconde édition de l’Ekiden de Paris, qui est désormais officiellement le plus grand de France, savoure-t-il. Il allie performance, esprit d’équipe, convivialité et plaisir d’être ensemble. C’est la confirmation que la FFA a eu raison de crore en cette épreuve. » Le Normand se projette déjà vers la prochaine édition, qu’il imaginerait bien prendre encore une autre dimension : « On va continuer à faire croître notre manifestation, avec le défi de devenir le premier ekiden d’Europe avec 1600 équipes. »

Rendez-vous est déjà pris le 1er novembre 2015, pour la suite de cette aventure collective.

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