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Dopé à l’insu de mon plein gré ?

S’il y a bien une liste de produits dopants donc interdits, savoir où commence la conduite dopante est une question beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît…

Au sent strict, le dopage se définit comme « l’utilisation de substances ou de procédés de nature à modifier artificiellement les capacités d’un sportif ». Font également partie du dopage les procédés permettant de masquer l’emploi de produits dopants. Cette liste de produits et de procédés est mise à jour chaque année.

 

Où est la ligne jaune ?

La définition légale du dopage vise à encadrer le sport de haut niveau. Elle cherche à garantir l’équité et à préserver la santé des athlètes. Mais il est possible d’améliorer ses performances tout en restant dans le cadre de la loi, ce sont les conduites dopantes qui conduisent certains athlètes à utiliser par exemple des caissons d’oxygène hyperbare pour reproduire les effets de l’altitude sur l’organisme, de se muscler avec de l’électrostimulation, de récupérer plus vite grâce à la cryothérapie. Dopage ? Non, mais ce sont cependant des pratiques qui visent à améliorer les performances et la récupération. Et pour les simples amateurs de course à pied ? La surprise serait totale pour de très nombreux coureurs et coureuses du dimanche qui seraient contrôlés positifs à l’issue de leur course alors qu’ils n’avaient nullement l’intention de se doper ! Pourquoi ? Notamment à cause des nombreux médicaments, dont ceux contre le rhume qui contiennent de l’éphédrine. Ils sont en vente libre et cette substance figure sur la liste des produits dopants. Autre coupable : la Ventoline (salbutamol), elle sur ordonnance mais elle se trouve malheureusement dans le sac de nombreux jeunes sportifs sous prétexte d’asthme à l’effort.

Attention aux AINS

Enfin, chacun peut y aller de son médoc, son astuce, son plat, sa boisson fétiche mais attention concernant les médicaments et notamment les antidouleurs de type aspirine et ibuprofène, que l’on appelle aussi AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) car ils ne sont pas sans danger. En effet, ils vont masquer la douleur et conduire à un plus grand risque de blessure au final. Une étude réalisée l’année dernière montre que la prise d’aspirine ou d’ibuprofène permettrait d’augmenter la performance en permettant une plus longue durée d’effort mais cette consommation augmenterait de manière significative le risque de blessure et surtout engendrerait une inhibition des processus de guérison ainsi qu’une inhibition du ressenti. En retardant ainsi la sensation de douleur, ces produits permettent aux coureurs d’augmenter leurs entraînements au détriment des tissus qui se trouveraient encore plus fragilisés car les coureurs ne reçoivent plus la bonne information musculaire du fait du masquage de la douleur.

Mais surtout ces médicaments type AINS sont très néfastes pour les reins et le système gastro-intestinal, sans oublier le risque engendré sur les perturbations de la coagulation par la prise d’aspirine.

Et le paracétamol, dopant lui aussi ? Oui ! Ou tout du moins en prendre peut être assimilé à une conduite dopante car le paracétamol va diminuer la chaleur corporelle ce qui peut améliorer le confort du coureur. Le risque reste aussi le masquage d’une blessure et surtout une hépato toxicité prouvée et dangereuse.

Un café, un thé, un complément alimentaire ou courir à l’eau claire ? Difficile de répondre ! Pas si sûr que l’eau claire soit la bonne solution car les besoins d’un sportif(ve) qui s’entraîne régulièrement nécessite d’ajuster ses apports nutritionnels afin de rester en pleine forme, alors, au final, oui l’équilibre reste très précaire entre conduite dopante ou pas. En cas de doute, n’hésitez pas à solliciter votre pharmacien ou votre médecin qui sauront vous conseiller pour courir en toute tranquillité.

Par Sandrine Nail-Billaud – Photo ©Fisher Photostudio-Fotolia

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