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Il a couru les 6 majors en un an !

Entre Londres, en 2016, et Boston, le 16 avril dernier, Julien Bigorne a couru consécutivement les six « majors marathons ». Il est le seul Français à avoir réussi cet enchaînement en un an. Un défi avec une dimension caritative et pour rendre hommage à un ami disparu.

 


CV Flash

Journaliste, 34 ans, vit dans le Val-d’Oise, licencié au club de Saint-Brice Athlétisme, court depuis septembre 2015. Meilleure performance : 4h16 sur marathon (Chicago 2016)


 

« Il y a une limite à toute chose, et il faut toujours la dépasser. » Julien Bigorne s’est répété en boucle cette maxime de l’aviateur Georges Guynemer, avec à la clé, un défi inédit : six World Marathon Majors en un an. Derrière ce projet, financé avec ses économies (budget de 20 000 euros), une histoire personnelle, qui remonte à son premier marathon. Sénart, en 2006. « Je l’ai couru suite un pari avec un ami, sans entraînementJ’ai terminé en marchant, tétanisé par les crampes, en 5h30. Je ne serais pas allé au bout, si je n’avais pas eu un ami génial pour me tirer jusqu’à l’arrivée. Je me suis dit que je ne courrais plus jamais de marathon de ma vie ! »

 

Un cumulard qui a du cœur

Huit ans passent, sans running, puis cet ami décède brutalement. En sa mémoire, en septembre 2015, Julien décide de s’y remettre. Les premières sorties sont pénibles, mais il s’accroche, augmente les doses et s’inscrit au Marathon de Tokyo, en février 2016, qu’il boucle en 5h21. Là, il s’intéresse au club très fermé des « World Marathon majors » que Tokyo vient de rejoindre – 34 athlètes (principalement américains, anglais et chinois) dans le monde ont bouclé consécutivement ces six « majeurs ». Pourquoi pas lui ? Pour le challenge, en hommage à son ami, mais aussi pour soutenir la lutte contre la mucoviscidose que le Rotary Club de Pontoise, dont il fait partie, soutient activement. Il créé une page de collecte sur le site Fosburit et entame ce challenge à Londres, le 24 avril 2016. Pas pour la performance, Julien préférant la « quantité à la qualité », mais pour courir en portant un message d’espoir. Malgré une douleur à la cheville, gagné par l’ambiance sur The Mall, il boucle en 4h28, soit une heure de moins qu’à Tokyo. L’expérience commence à payer. Puis il s’entraîne pour Berlin, et passe, le 25 septembre, sous la porte de Brandebourg en 4h21. Quinze jours plus tard, il s’envole pour Chicago (9 octobre). « Coup de cœur pour cette ville, jour de grâce aussi. J’ai réussi mon meilleur chrono (4h16) », raconte-t-il.

A l’assaut de Millau

Dans son entourage, certains doutent… Parviendra-t-il à boucler New York, un mois plus tard ? Yes, he can, en 4h49. En décembre et janvier, mois de trêve, il poursuit ses entraînements en endurance fondamentale, sans prendre d’autres dossards que ceux de ses Majors.

La saison reprend à Tokyo, le 26 février dernier. Finisher à nouveau en 4h28. « Sentimentalement, c’est mon préféré. J’aime la culture japonaise. Les bénévoles y sont très nombreux, et extraordinaires. » Julien garde le meilleur pour la fin : Boston, bouclé le 17 avril dernier en 4h42. « J’étais content de finir par ce marathon emblématique. J’ai couru mon meilleur premier semi, malgré le profil difficile et la chaleur. En plus, j’ai terminé juste à côté de Kathrine Switzer, la première femme à avoir couru un marathon, à Boston, il y a 50 ans ! » Belle manière de clôturer son challenge, avec une grosse pensée pour son ami décédé. En un an, 5000 euros ont été collectés pour ABCF Mucoviscidose. Et la suite ? Plus de marathon à l’horizon, mais l’ultra-dimension… Le 100 km de Millau l’attire depuis longtemps. Il y courra certainement en compagnie d’une jeune athlète handisport de son club, histoire une fois de plus de donner du sens à ses foulées.

PHOTOS ©DR

 

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