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4ème Nocturne des Teppes – 1er novembre

Une édition lumineuse!

Texte et photos Laurent LLOPIS / Marjorie Perrot

Une course aux multiples atouts…

Voilà bien une épreuve qui mérite d’être connue ! Premièrement parcequ’elle est concoctée avec rigueur et passion par toute la joyeuse équipe L’association Sport, Nature et

Loisirs, le dynamique tandem Frédérique et Stéphane Galban en tête, mélange qui donne toujours naissance à de beaux rendez-vous sportifs.

Deuxièmement parce que le format proposé, 35km et 1000m+ au cœur des forêts des Hauts de l’Albanais, en solo ou relais 2, 100% nocturne, pourrait bien en surprendre et en conquérir plus d’un par sa technicité. Et oui, à Saint Germain la Chambotte, ceux qui les connaissent savent que les trails qu’on y court ont la réputation d’avoir la dent dure. Et ceux qui viendront en mode pépère sur la Chambottine en mai, version diurne de la Nocturne des Teppes ou aujourd’hui sur cette dernière, seront brutalement détrompés et devront vite se mettre au diapason pour espérer vaincre !

Troisièmement, cette épreuve, idéalement située à un peu plus d’un mois de la SaintéLyon, de par sa longueur et sa configuration (nocturne, entre petits chemins roulants et sentiers plus techniques), sera l’alliée idéale de votre préparation, aussi bien sur le format solo que relais, alors pourquoi s’en priver ?

Et si cela ne suffit pas à vous convaincre, l’ambiance, authentique et conviviale, très bon enfant, devrait se charger de vous décider une bonne fois pour toute.

 

Ca bouge à Saint Germain!

En ce 1er novembre, tout Saint Germain la Chambotte se prépare donc à recevoir comme il se doit les centaines de coureurs qui se présentent peu à peu, à l’entrée du village.

Les café est prêt et les bénévoles motivés attendent les trailers pour la remise des dossards. Ils seront plus de 300 à venir retirer leur sésame pour la course. Une belle augmentation par rapport à l’an dernier, au point même que l’organisation a du refuser des inscriptions.

Il faut dire que la promesse d’une météo radieuse n’a fait que motiver encore plus les coureurs à venir tenter le parcours proposé, seul ou à deux. Un beau temps qui fait également le bonheur des bénévoles et de organisateurs qui, depuis plusieurs éditions déjà, subissent les coups bas de Mère Nature, en particulier l’an dernier, où tous le monde a fini détrempé.

Tandis que Patrick Dubouchet, le speaker bien connu de tous, se prépare à motiver tout ce petit monde, certains s’échauffent dans la village qui commence à se teinter des sombres couleurs du soir.

Puis, 18h arrive et les dernières consignes de Stéphane signent le début imminent des péripéties nocturnes, sous un ciel piqueté d’étoiles, à l’éclat lunaire.

18h05, le coup de feu est donné et tous s’élancent vers les sentiers à la sortie du village, d’abord entre les champs puis assez rapidement en sous-bois à travers les Monts de Corsuet. Direction la Croix de Meyrieu, premier boss à éliminer.

 

Passage de relais

Sur ces 15 premiers km, les coureurs vont vite commencer à souffrir, car environ 600m+ vont devoir être engloutis avant d’arriver à Cessens…

Après s’être affranchis de la montée à la Croix, c’est le col de la Chambotte et son ravito qui se présentent au bout de quelques kilomètres supplémentaires. L’occasion de souffler un peu en descente avant de repartir à travers les Teppes à Monard, entre bois et champs, pour rallier la seconde partie du tracé, matérialisée par le ravito sur les hauteurs de Cessens, posé juste après la petite église Notre Dame de la Salette.

Les voitures ont envahi la petite route, gonflant les bas-côtés. L’ambiance sur le ravito est du tonnerre, de nombreux spectateurs sont là, attendant en musique l’arrivée des participants.

Ici continuera ou commencera l’aventure selon la formule choisie et les relais 1 passeront le bâton à leur binôme avec soulagement, profitant du ravito et d’un arrêt salvateur que ne connaîtront leurs collègues que 20km plus tard. Sur cette deuxième partie plus casse-pattes, il faudra gérer son effort pour ne pas griller toutes ses cartouches prématurément.

Tout d’abord en un petit tour de 9km aux alentours du Col du Sapenay, point haut du tracé, au cœur de la montagne de Cessens, les concurrents embrayent ensuite vers les Tours de César, ruines qui dominent le Lac du Bourget.

 

Vers les Tours…

Pour les solos qui ont déjà près de 25 km dans les pattes, la lucidité commence à se faire moins nette, les pieds butent parfois sur des obstacles qu’ils n’auraient même pas effleurés auparavant, les contours du chemin s’estompent, provoquant parfois quelques erreurs de trajet, plus ou moins longues…

Le sentier menant aux Tours est roulant et monte gentiment mais les difficultés déjà rencontrées majorent le prix de l’effort consenti pour arriver en haut. Peu à peu, râles, soufflements et bruits de pas crèvent le silence total de ces paysages, jusqu’alors seulement troublé par le bruit des oiseaux nocturnes et des sangliers, qui, maîtres en ces terres, joueront quelquefois avec les nerfs des trailers en se manifestant par quelques grattements et grognements !

Le belvédère des Tours que les coureurs foulent désormais leur offre une vue magique sur le Lac du Bourget et les villes alentours, illuminés par des milliers de lucioles jaunes, oranges et rouges. Mais après ce spectacle superbe, les coureurs réintègrent bien vite le noir absolu qui règne dans les sous-bois, seulement percé par la lueur blanchâtre de la lune et, celle de leurs frontales, qui ouvre la voie vers une descente technique.

« Oh, la vache, c’est plus exigeant ce que je pensais, mais putain, qu’est-ce que c’est bon!!!» est une réflexion jubilatoire, balancée par un coureur, qui représente assez bien l’état d’esprit général : le plaisir dans la douleur, et aussi la surprise pour les non-initiés de rencontrer un parcours aussi hard !

 

La course au reblochon!

Les 10 derniers kilomètres paraissent alors interminables, entre deux francs coups de culs successifs assortis de leurs inévitables redescentes usantes.

Avec une lenteur parfois à leurs yeux exaspérante, les trailers entament petit à petit l’ultime descente de + de 200m- qui les amènera enfin à franchir la ligne, certains avec une fringance parfois feinte, d’autres au tout petit trot, mais tous avec la même satisfaction.

La puce chrono est enfin retirée et la « chaise du vainqueur » leur tend les bras. Tandis qu’ils s’y affalent avec soulagement, la récompense tombe !

Une récompense gourmande qui n’est pas pour déplaire : un reblochon, production plus que locale puisqu’il vient de la fruitière du village est glissé entre les doigts engourdis des finishers ravis.

« Ca tombe bien, parce que j’ai vraiment la dalle ! » lancera même joyeusement Nadège Vignand, qui, après une brillante victoire en V1 sur les championnats de France de Buis les Barronies sur le trail court, remporte cette Nocturne des Teppes.

Un cadeau original qui a fait mouche ! C’est donc en pressant contre eux ce trophée odorant que se dirigent désormais les coureurs vers la salle des fêtes où les attend un buffet campagnard composé d’une bonne soupe chaude, de tomme et de charcuterie.

 

Combattants de la nuit…

Dans cet espace chauffé par les corps de centaines de personnes, coureurs, amis et famille partagent enfin un moment de détente ensemble, en écoutant le récit des engagés sur cette 4ème édition de la Nocturne des Teppes, qui aura consacré Nadège Vignand chez les dames et Serge Duverney-Pret côté messieurs avec un temps de respectivement 2h55min43s et 03h43min09s.

Moins de deux minutes plus tard, c’est Emilie Deronzier, gagnante de l’Interlac Trail, qui débouchera des sentiers enténébrés pour s’emparer de la seconde place. David Bidoli monte également sur la seconde marche du podium hommes en 2h57min20s tandis que le trio gagnant est complété chez les hommes par Jérémy Pouge 1min45 plus tard et Lauriane Foulet Moreau pour les dames, bouclant quant à elle en 3h54min56s.

Le jeune et prometteur Hugo Ferrari, second sur l’infernal Grand Trail du Lac remporte ici une belle quatrième place, terminant à moins d’une minute de Jérémy.

Tous les résultats par ici

http://www.lanocturnedesteppes.com/

La remise des prix sonne la fin imminente de l’édition 2014, tandis que les derniers combattants nocturnes franchissent la ligne, épuisés mais heureux.

Les traits des organisateurs se détendent (un peu !) grâce à la satisfaction d’avoir mené à bien une nouvelle édition couplée à celle, évidente, des coureurs, qui sont encore nombreux à s’attarder dans les parages pour discuter un peu et partager leurs impressions.

Avec de telles ondes positives dans l’air, nul doute que la Nocturne des Teppes a de belles années devant elle !

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